Un extrait de Code Tetraktys

Rome, basilique souterraine de la Porta Maggiore, samedi 24 mai 2008, 23h30

 

   Les visages étaient masqués, recouverts d'un cône de tissu blanc. Seul le Maître connaissait tous les membres de la confrérie. Il y avait maintenant trois siècles que cette habitude s'était instaurée pour des raisons de sécurité. À cette époque, alors que l'élimination d'Isaac Newton avait été préparée et planifiée, il se produisit un imprévu majeur : une trahison conduisit à l'arrestation de plus de trois quarts des membres. Le Maître avait dû son salut à la rapidité avec laquelle il avait disparu dans la foule, et Newton put impunément poursuivre ses méfaits comme directeur de la monnaie.

  Après cet épisode, plusieurs décisions avaient été prises. L'une demandait aux frères de se disperser le plus vite possible en cas d'incident grave, sans se préoccuper de Pythagore, celui-ci se réincarnant s'il venait à mourir. L'objectif était de conserver le maximum de pythagoriciens opérationnels. Un autre limitait la Confrérie à  vingt membres (en fait deux décades). Mais ces vingt personnes devaient être de très haut niveau, chacune disposant d'une influence majeure dans son domaine.

  La procédure d'accès aux réunions avait également été redéfinie. Le maître arrivait toujours en premier, et les frères se présentaient ensuite un par un toutes les cinq minutes ; cela permettait au Maître de valider les identités, tout en assurant l'anonymat. C'était le moment où chacun devait répéter le serment de secret absolu : "non, je le jure par celui qui a transmis à notre âme la Tetraktys, en qui se trouve la source et la racine de l'éternelle nature." Tous avaient accepté cette procédure. Pendant les réunions, les frères s'interpellaient par un numéro inscrit sur un carton qui leur était donné à leur arrivée. Un grand pentagramme en bronze était posé à même le sol, entre deux rangées de sièges de fortune.  

 

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